Les cultures sous serres du potager de Jade

Dans une serre de tomates, installation des tubes libérateurs d’aphidolètes, insectes dont les larves sont prédatrices des pucerons

LES CULTURES SOUS SERRE HVE / PBI :
TOMATES ET CONCOMBRES DU POTAGER DE JADE

Sous serre ? Pas très naturel tout ça ! C’est vrai, mais si les serres n’existaient pas, mieux vaudrait les inventer. Sans elles, tomates et concombres retrouveraient leur statut de produits luxueux, rares, disponibles seulement quelques semaines par an, réservés aux consommateurs aisés ou aux heureux détenteurs d’un jardin.

ILS CULTIVENT SOUS SERRE, EN PROTECTION BIOLOGIQUE INTÉGRÉE

Portrait noir et blanc d’Anne-Claire, productrice de tomates cerise et tomates cocktail en région nantaise

Anne-Claire
Faire connaissance

Femme sur un chariot élévateur et travaillant à l’effeuillage dans une serre de tomates, avec logo HVE et picto pollinisateur

Toutes nos exploitations sont certifiées Haute Valeur Environnementale.

Biodiversité préservée et pression minimale sur l’environnement.
En savoir +

DES TOMATES ET DES CONCOMBRES À L’ABRI DES INTEMPÉRIES ET DES INSECTES RAVAGEURS. ET SI C’ÉTAIT UNE QUESTION DE BON SENS ?

ux aléas climatiques : pluie, humidité, variations de températures, vent… Fragilisée, la plante développe des maladies souvent fatales à la production. Demandez à votre grand-mère (si elle fait un jardin, sinon voyez avec votre voisin), ce qui se passe dans ses pieds de tomates après quelques jours ou quelques heures de pluie, alors que les fruits ont déjà commencé à se former. Demandez-lui aussi comment elle (ou il) tente de sauver sa récolte. On vous laisse mener l’enquête…
La mode ou le hasard n’ont rien à voir avec le fait que nombre de jardiniers amateurs, après quelques déconvenues, investissent dans des mini-serres ou les construisent eux-mêmes.

Du côté des insectes ravageurs, l’histoire est la même. Le milieu quasi fermé des serres permet d’éviter une bonne partie des invasions des bioagresseurs des tomates et des concombres. Et qui dit moins de maladies et moins de ravageurs, dit rares ou aucune nécessité d’utiliser fongicides et insecticides pour s’en débarrasser, logique.

Installation sur un plant de tomate d’un sachet d’auxiliaires de culture pour libérer des Amblyseius swirskii, prédateur de ravageurs tels que les thrips, aleurodes, tarsonèmes

NOS SERRES : DES OUTILS DE PROGRÈS EXTRÊMEMENT SOPHISTIQUÉS ET UN MILIEU TRÈS FAVORABLE À LA PBI.

La PBI, qu’est-ce que c’est ? En toutes lettres : Protection Biologique Intégrée. D’accord, ça ne vous en dit pas plus, pourtant c’est un outil majeur, et vivant, pour mener à bien nos cultures. Cette technique vise à reproduire et amplifier les mécanismes à l’œuvre dans la nature, à savoir utiliser des insectes et des micro-organismes vivant pour lutter contre les ravageurs des cultures. On les appelle, à juste titre, auxiliaires de culture. Balbutiante au début des années 1960, la PBI a atteint aujourd’hui sa pleine maturité et son utilisation en milieu fermé est optimale.

Nous avons des responsables PBI dans chacune de nos exploitations qui mettent en place des actions préventives naturelles et surveillent continuellement les cultures pour détecter tout danger pour les plantes. Dès qu’une anomalie est détectée, ils déterminent l’outil biologique le plus adapté pour la lutte. Il peut s’agir d’un lâcher d’insectes ou de larves qui vont se nourrir des indésirables, de pièges englués ou à phéromones, et aussi de microchampignons. C’est en grande partie grâce à la PBI que nous savons garantir des légumes Zéro Résidu de Pesticides.

LES CULTURES HORS SOL : BIEN OU PAS BIEN ?

On vous laissera juge mais parfois les idées reçues font écran à la réalité. Un petit éclairage et quelques chiffres ?

La tomate est le légume le plus consommé en France. Environ 15 kg par an et par personne sous forme fraîche et plus de 18 kg sous forme transformée, à multiplier, donc, par 67 millions. Un 1 m2 de serre verre en culture hors sol peut produire jusqu’à 60 kg de tomates par an, contre, 2 à 8 kg maximum par m2 en pleine terre sous tunnel plastique. Privilégier la culture en pleine terre reviendrait à multiplier par 10 environ les surfaces couvertes dédiées à la culture en France, à épuiser les sols ou à massifier les importations déjà à l’œuvre, délégant à d’autres le soin (et les inconvénients) de produire ce que nous mangeons.

Nos plants de tomates et de concombres, installés sur un substrat minéral, reçoivent le strict nécessaire, en eau et en nutriments, pour produire leurs fruits. Zéro gaspillage et aucun risque de pollution liés à une culture ou des activités humaine voisines. La quasi-totalité de nos besoins en eau sont couverts par un système de récupération et stockage des eaux de pluie installé sur nos serres.